Faouzi Skali : « Paradigme de civilisation… »

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Faouzi Skali :
« Paradigme de civilisation, le soufisme se réinvente en permanence »

Faouzi Skali assure le suivi de l’enseignement et son orientation. ( de l’Institut des sagesses du monde )

Docteur  en anthropologie, en ethnologie et en sciences des religions.

Ecrivain francophone, il se situe entre l’Orient et l’Occident et œuvre pour le dialogue des hommes et des cultures. Parmi de nombreux ouvrages: traces de Lumière, le face à face des coeurs, Jésus dans la tradition soufi, Moïse dans la tradition soufi etc.

Faouzi Skali transmet un enseignement  sur le thème  « cheminement et approfondissement vers l’être  » au Maroc et dans différents pays, notamment en Suisse depuis 2013.
Il intervient également dans le cadre de l’Institut d’Anthropologie spirituelle à Angers (Institut sous l’égide de Annick de Souzenelle).

Il a été désigné par l’ONU, pour l’année 2001, parmi 7 personnalités mondiales ayant contribué de façon significative au dialogue des civilisations.
Il est le fondateur du Festival de Fès des musiques sacrées du Monde et de son colloque « Une âme pour la mondialisation » ainsi que du Festival de Fès de la Culture Soufie dont il est le président.

NDLR : les liens fournis n’existent pas dans l’article reproduit ici.
Autres liens : Festival de Fès des musiques sacrées du Monde : Page Facebook
Ouvrage collectif : Une âme pour la mondialisation 

Vous avez traduit le traité sur la futuwah de Sulami, un auteur du XIe siècle. Quel en était le sens à son époque et quelle est l’actualité de cette notion de chevalerie aujourd’hui ?

Faouzi Skali : La futuwah, ou art chevaleresque soufi, s’est exprimée tout au long de l’Histoire. C’est un ensemble de principes spirituels mis en œuvre dans l’action et la relation au quotidien, plus particulièrement dans les milieux de corporation de métiers dont elle a constitué la charte éthique et spirituelle.

La futuwah est précisément un exemple de la culture du soufisme en tant que patrimoine spirituel et universel. Est-ce que les principes de la futuwah appartiennent au passé ou bien ces principes peuvent-ils être une ressource pour aujourd’ hui ? Pour ma part, je veux faire le lien entre le passé et le présent : les principes du soufisme peuvent apporter un souffle et une âme, notamment à l’entreprise moderne qui en manque.

La futuwah, c’est la spiritualité telle qu’elle s’exprime en relation avec Dieu et dans la relation aux autres. La relation avec Dieu doit s’exprimer au cœur de nos familles, et au sein du milieu professionnel. En arabe, ce sont les mu’amalât, les relations réciproques sociales. Ce type de principes éthiques est bien adapté aux réalités des entreprises : comment se comporter dans le travail avec autrui ? quels sont les buts et objectifs qui nous guident ?… Ainsi, on est relié à la spiritualité à travers le travail.

Comment la chevalerie peut-elle permettre d’améliorer notre vivre-ensemble ? Est-ce un code de belles manières (âdâb) pratiqué dans la vie de tous les jours ? Par qui ? Y a- t-il une chevalerie féminine ?

Faouzi Skali : L’âdâb, c’est la façon dont la vie spirituelle s’incarne dans le comportement extérieur. Cela concerne toutes personnes, hommes ou femmes, engagé.e.s sur une voie spirituelle, qui expriment par conséquent les valeurs de générosité, d’humilité, de considération et de respect aux autres.

Ces belles manières, ou âdâb, émanent du vécu. Et c’est aussi un va-et-vient : si on pratique l’âdâb, il y a des répercussions sur la vie intérieure. Cet aspect du soufisme peut être un approfondissement dans la façon d’améliorer notre comportement.

Il y a des chartes d’éthique en Occident mais qui restent abstraites, qui ne sont pas vécues dans le travail. Ce sont des principes moraux mais les relations professionnelles restent fondées sur l’affirmation de son ego. Cela est contradictoire avec la chevalerie spirituelle. Le fait de se fonder sur le non-ego et sur la place qu’on laisse aux autres crée une atmosphère totalement différente dans le quotidien. Travailler avec l’idée que c’est une forme de prière, une occasion de se transformer, cela change la conception qu’on a du travail, vu non seulement comme moyen de gagner sa vie, mais aussi comme moyen de s’améliorer spirituellement.

Paradigme de civilisation, le soufisme est « fils de son temps ». Il doit s’adapter, se réinventer en permanence. C’est un espace sans limites, un océan sans rivages.

Futuwah

Traducteur : Faouzi Skali

Faouzi Skali, universitaire marocain, docteur d’État en anthropologie, ethnologie et sciences des religions, est un des plus grands spécialistes mondiaux du soufisme. Adepte de la même confrérie qu’Eva de Vitray, il dirige les Rencontres du Festival de Fès des Musiques Sacrées du Monde. Il a été désigné par l’ONU, au titre de l’année 2001 parmi douze personnalités mondiales ayant contribué au dialogue des civilisations. Chez Albin Michel, il a publié Futuwa. Traité de chevalerie soufie, La Voie soufie et Traces de lumière.

Faouzi Skali présente la culture soufie devant le Sénat français

 

Faouzi Skali, président du festival de Fès de la culture soufie

Extrait :

« La question qui traverse notre programme cette année est la suivante : « La culture soufie peut-elle être porteuse d’un humanisme spirituel pour notre temps? ».

Jésus, Mahomet, Moïse : étaient-ils des hommes de pouvoir ?

Quelle fut l’attitude de ces trois grandes figures religieuses face aux pouvoirs en place ? Ont-ils composé avec le pouvoir, l’ont-ils contesté, l’ont-ils exercé ?

Une religion ne naît jamais de rien. L’islam s’est voulu l’ultime révélation après la révélation juive et la révélation chrétienne. Elle en est à la fois l’héritière et la concurrente. Que trouve-t-on au carrefour des trois monothéismes ?

– Gérard Mordillat et Jérôme Prieur, journalistes, cinéastes et écrivains
– Jean-Christophe Attias, directeur d’études à l’École pratique des hautes études, titulaire de la chaire Pensée juive médiévale
– Faouzi Skali, anthropologue, directeur du festival de la culture soufie à Fès
– Gilles Heuré, écrivain, journaliste à « Télérama ».

16. UNE ÉPOQUE CHARNIÈRE DÉCISIVE

« La situation actuelle du monde appelle

un changement total et radical d’état de conscience et de mentalité. »

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